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Un spot radio de trente secondes peut mobiliser six personnes. Un podcast de fiction, une quinzaine. Un film, davantage encore.
Vu du client, tout ça tient en une phrase : « on a fait le son ». Un interlocuteur, un devis, un fichier qui arrive. Ce qui s’est passé entre les deux reste une boîte noire.
Sound designer, ingénieur du son, mixeur, monteur son. Les mots circulent, souvent employés l’un pour l’autre. Ils désignent pourtant des métiers qui n’ont ni les mêmes compétences, ni le même moment d’intervention.
Qui fait quoi, exactement ? À quel moment chacun intervient-il ? Quelle est la différence entre un monteur son et un mixeur ? Entre un compositeur et un superviseur musical ? Et faut-il vraiment autant de monde pour produire trente secondes d’audio ?
On reprend tout dans l’ordre, du premier brief à la livraison.
Chez Aurevoir Charlie, la question tombe à presque chaque premier rendez-vous. Tant mieux : savoir qui fait quoi, c’est comprendre où se joue vraiment la qualité d’un projet, et pourquoi certaines étapes ne se compressent pas, quel que soit le budget.
Pourquoi autant de métiers différents sur une production sonore ?
Parce que le son mobilise des compétences qui n’ont presque rien en commun.
Écrire une fiction audio demande un sens de la narration. Enregistrer une voix demande une maîtrise technique du micro et de l’acoustique. Créer l’ambiance d’une scène demande une imagination sonore. Équilibrer trente pistes demande une oreille entraînée et des années de pratique. Négocier les droits d’un morceau demande de connaître le droit d’auteur.
Cinq métiers. Pas cinq facettes du même.
Sur une petite production, une même personne en cumule plusieurs. C’est courant et ça marche très bien. Sur un projet plus lourd, la spécialisation fait gagner du temps et de la qualité. Dans les deux cas, chaque rôle existe parce qu’il règle un problème précis.

Qui intervient en amont d’une production ?
Avant qu’un seul son ne soit enregistré, plusieurs personnes ont déjà travaillé.
Que fait un directeur artistique sonore ?
Il définit l’intention. Quel univers, quel ton, quelle émotion, quelle cohérence avec la marque ou le récit. C’est lui qui tranche entre une ambiance chaude et une ambiance clinique, entre une voix grave et une voix jeune, entre une musique présente et un silence assumé.
Sur une production de marque, il garantit que le résultat reste aligné avec l’identité de l’annonceur. C’est le rôle le plus proche de celui d’un réalisateur, et le cœur de la réalisation sonore.
Que fait un chargé de production ?
Il organise. Planning, budget, réservation de studio, disponibilité des comédiens, coordination des intervenants, respect des délais de livraison. Un métier invisible dans le résultat final, mais dont l’absence se voit immédiatement.
Que fait un auteur de fiction sonore ?
Sur une fiction sonore, un podcast narratif ou une campagne à dialogues, quelqu’un écrit. Écrire pour l’oreille n’est pas écrire pour l’œil. Les phrases raccourcissent, les informations arrivent dans un autre ordre, et ce qu’on tait compte autant que ce qu’on dit.
Qui intervient pendant l’enregistrement ?
C’est le moment où se fabrique la matière première. Et la règle est brutale : ce qui est mal capté ici ne se rattrape jamais tout à fait.
Que fait un ingénieur du son ?
Il est responsable de la captation. Choix des microphones, placement, réglage des niveaux, traitement acoustique du lieu, gestion du bruit de fond. Son travail conditionne tout ce qui suivra.
Un bon ingénieur du son n’appuie pas juste sur enregistrer. Il anticipe. Il sait qu’une voix captée trop près sera pénible à mixer. Qu’une pièce trop réverbérante ne se corrige plus. Qu’un souffle de clim ressortira dès le premier compresseur.
Que fait un directeur de casting voix ?
Il cherche et sélectionne les voix. Ce n’est pas seulement une question de timbre : il faut trouver l’âge perçu, l’énergie, l’accent, la capacité à tenir un ton sur la durée, et parfois la disponibilité pour des sessions ultérieures.
Un casting de voix off bien mené fait gagner un temps considérable en session, et évite le pire scénario : découvrir en studio que la voix ne fonctionne pas.
Que fait un directeur artistique de voix ?
Il dirige le comédien pendant la session. Rythme, intention, respirations, nuances. C’est un rôle de mise en scène, très différent de la technique.
Un même texte, lu par le même comédien, donne deux résultats radicalement différents selon la direction. C’est souvent ce qui sépare une voix off correcte d’une voix off juste.
Que fait un comédien voix off ?

Il interprète. Le métier demande une vraie technique vocale : tenue du souffle, articulation, endurance, capacité à refaire une prise à l’identique et à intégrer une indication en trois secondes.
Que fait un perchman ?
Sur une captation en tournage, il tient la perche et suit les déplacements des comédiens en gardant le micro au meilleur endroit possible. Un métier physique, précis, et largement sous-estimé.
Qui fabrique les sons qui n’existent pas ?
C’est la partie que personne ne voit venir, et souvent la plus créative.
Que fait un sound designer ?
Il conçoit les sons. Pas seulement les effets spectaculaires. Aussi les ambiances, les textures, les transitions, tout ce qui donne une matière à un univers.
Un sound design réussi passe inaperçu. L’auditeur ne se dit pas « ce son est bien conçu », il sent juste que la scène existe. Le métier mêle imagination, culture sonore et maîtrise des outils de synthèse et de traitement.
Que fait un bruiteur ?
Souvent appelé par son nom anglais, le foley artist. Il recrée en studio les bruits du quotidien, calés sur l’image ou sur le récit : des pas, une porte, un vêtement qui froisse, un couteau qu’on pose.
Le paradoxe du métier : les sons réels sonnent souvent moins bien que les sons fabriqués. Un vrai coup de poing, enregistré tel quel, ne fait aucun effet. Le bruiteur ne cherche pas l’exactitude, il cherche ce qu’on croira.
Que fait un compositeur de musique originale ?
Il écrit la musique originale. Sur une production de marque, ça va du thème complet au logo sonore de deux secondes. Deux secondes pour condenser une identité entière : l’exercice le plus ingrat du métier, et le plus mal payé au regard du temps qu’il réclame.
Qui intervient en post-production ?
C’est là que tout prend sa forme définitive.
Que fait un monteur son ?
Il assemble. Sélection des meilleures prises, découpage, ajustement du rythme, nettoyage des respirations et des hésitations, calage sur l’image ou sur le texte.
Le montage son relève de l’écriture autant que de la technique. C’est lui qui donne le tempo. Donnez les mêmes rushes à deux monteurs, vous récupérerez deux films différents.
Que fait un mixeur son ?
Il équilibre. Niveaux relatifs, égalisation, compression, spatialisation, réverbération, cohérence d’ensemble. Tout son travail consiste à faire coexister les couches sans qu’aucune n’écrase les autres.
Le mixage sonore est le moment où un projet devient audible au sens propre. La voix passe devant la musique. L’ambiance existe sans gêner. Et l’ensemble tient aussi bien sur un petit haut-parleur que dans un casque.
Que fait un ingénieur mastering ?
Il finalise. Contrôle des niveaux selon les normes de diffusion, cohérence entre les épisodes ou les formats, conformité aux exigences des plateformes, préparation des livrables.
C’est l’étape la plus discrète de la post-production sonore. On ne la remarque que quand elle a été bâclée : un épisode deux fois plus fort que le précédent, un spot qui sature en radio, un podcast qu’on n’entend plus dès qu’on roule.
Qui s’occupe de la musique et des droits ?
Que fait un superviseur musical ?
Il choisit la musique et sécurise son utilisation. Deux volets indissociables. Trouver le morceau qui sert le projet. Et vérifier qu’on a le droit de l’utiliser dans le cadre prévu : support, territoire, durée, média.
La supervision musicale évite le scénario que tout annonceur redoute : une campagne validée, diffusée, puis retirée parce que les droits ne couvraient pas le bon territoire ou le bon média.
Que fait un éditeur musical ?
Il gère le catalogue et les droits d’un répertoire. Il intervient en amont ou en aval selon les projets, et devient l’interlocuteur du superviseur quand une œuvre de son catalogue est retenue.
Tableau 1 : qui intervient à quelle étape
| Étape | Métiers concernés | Rôle principal |
| Conception | Directeur artistique sonore, producteur, auteur | Définir l’intention et organiser le projet |
| Casting | Directeur de casting voix | Trouver la ou les voix justes |
| Enregistrement | Ingénieur du son, directeur artistique de voix, comédien, perchman | Capter la matière première |
| Création | Sound designer, bruiteur, compositeur | Fabriquer ce qui n’existe pas |
| Montage | Monteur son | Assembler et donner le rythme |
| Mixage | Mixeur | Équilibrer l’ensemble |
| Finalisation | Ingénieur mastering | Conformer aux normes de diffusion |
| Musique | Superviseur musical, éditeur | Choisir et sécuriser les droits |
Les métiers qu’on confond le plus souvent
Trois confusions reviennent à chaque fois.
Ingénieur du son et mixeur
Le premier capte, le second équilibre. Deux moments opposés de la chaîne, deux compétences distinctes. L’un travaille avec des micros et une acoustique, l’autre avec des pistes et des traitements.
En pratique, la même personne porte souvent les deux casquettes, surtout sur les formats courts. Ça reste deux casquettes.
Monteur son et mixeur
Le monteur décide de ce qu’on entend et quand. Le mixeur décide de comment on l’entend.
Le premier sélectionne et rythme, le second équilibre et donne de la matière. Un montage brillant mal mixé reste inaudible. Un mixage impeccable posé sur un montage mou reste ennuyeux.
Compositeur et superviseur musical
Le compositeur crée une musique qui n’existait pas. Le superviseur trouve une musique qui existe déjà et en sécurise l’usage.
Deux réponses au même besoin, avec des conséquences budgétaires et juridiques opposées. La composition originale coûte plus cher à produire, mais elle vous appartient. La licence coûte moins cher, mais elle reste enfermée dans son périmètre d’exploitation.
Tableau 2 : les confusions les plus fréquentes
| On confond | Différence réelle |
| Ingénieur du son / Mixeur | Capter la matière première / équilibrer les pistes ensuite |
| Monteur son / Mixeur | Choisir ce qu’on entend / décider comment on l’entend |
| Compositeur / Superviseur musical | Créer une musique / trouver et sécuriser une musique existante |
| Sound designer / Bruiteur | Concevoir des sons et des ambiances / recréer des bruits réels en synchronisation |
| Directeur artistique de voix / Directeur de casting | Diriger l’interprétation en session / sélectionner la voix en amont |
| Mixage / Mastering | Équilibrer les pistes entre elles / conformer le résultat aux normes de diffusion |
Combien de personnes sur une production sonore ?
Ça dépend du format, et les écarts sont importants.
- Un spot radio de 30 secondes : entre 3 et 6 personnes. Direction artistique, ingénieur du son, comédien, monteur, mixeur, avec des cumuls de rôles fréquents.
- Un épisode de podcast de marque : entre 4 et 8, selon qu’il y a de la fiction, du sound design ou de la musique originale.
- Une fiction sonore : facilement une dizaine à une quinzaine, sans compter les comédiens.
- Une identité sonore complète : une équipe resserrée, mais sur une durée plus longue, avec des allers-retours de validation.
Un point à retenir : le nombre d’intervenants ne dit rien de la qualité. Ce qui compte, c’est que chaque compétence nécessaire soit couverte par quelqu’un qui la maîtrise vraiment.
Quelles formations mènent aux métiers du son ?
Il n’y a pas de voie royale, et c’est assez caractéristique du secteur.
Les parcours les plus fréquents passent par les écoles spécialisées (INA, ENS Louis-Lumière, ESRA, SAE, CNSMD pour les profils musicaux), par les BTS et licences professionnelles en audiovisuel, ou par les diplômes des métiers du son. D’autres viennent de la musique, de la radio, du théâtre ou du jeu vidéo.
Beaucoup se sont formés en autodidacte puis sur le terrain, surtout en sound design, où la culture sonore et la curiosité pèsent autant qu’un diplôme. Les métiers plus techniques comme le mixage ou le mastering récompensent davantage une formation structurée : les fondamentaux d’acoustique et de traitement du signal s’improvisent mal.
Pourquoi faire appel à Aurevoir Charlie ?
Parce que réunir ces compétences au bon moment est un métier à part entière.
Chez Aurevoir Charlie, nous travaillons avec un réseau de professionnels couvrant l’ensemble de la chaîne : sound designers, ingénieurs du son, monteurs, mixeurs, compositeurs, superviseurs musicaux, comédiens et directeurs artistiques. Selon le projet, nous mobilisons l’équipe adaptée. Ni plus, ni moins.
Ce que nous apportons concrètement :
- une direction artistique qui garantit la cohérence de bout en bout ;
- la sélection des bons profils pour chaque étape ;
- la coordination des intervenants et le respect des délais ;
- un studio de production sonore à Levallois-Perret pour les sessions ;
- la sécurisation juridique des voix et des musiques ;
- un interlocuteur unique côté client.
Vous n’avez pas à savoir qui fait quoi. C’est notre travail de le savoir, et de réunir les bonnes personnes.
Une chaîne, pas un homme-orchestre
Une production sonore mobilise des métiers distincts, qui interviennent dans un ordre précis : conception, casting, enregistrement, création, montage, mixage, finalisation.
Les confusions les plus fréquentes portent sur trois couples : ingénieur du son et mixeur, monteur son et mixeur, compositeur et superviseur musical. À chaque fois, il s’agit de deux moments et de deux compétences différentes, même quand une seule personne les exerce.
Sur les productions légères, les rôles se cumulent naturellement. Sur les projets plus ambitieux, la spécialisation devient un gain de qualité. Le nombre d’intervenants importe moins que le fait que chaque compétence soit réellement couverte.
Vous avez un projet sonore et vous vous demandez de quelle équipe vous avez besoin ? Aurevoir Charlie constitue et coordonne l’équipe adaptée à votre production, de la conception à la livraison.
FAQ sur les métiers du son
Quelle est la différence entre un ingénieur du son et un mixeur ?
L’ingénieur du son capte la matière première : choix et placement des micros, réglage des niveaux, gestion de l’acoustique. Le mixeur intervient ensuite pour équilibrer les pistes entre elles. Deux moments distincts de la chaîne, souvent exercés par la même personne sur les petites productions.
Que fait exactement un sound designer ?
Il conçoit les sons qui n’existent pas : ambiances, textures, effets, transitions. Son rôle est de donner une matière sonore à un univers, en combinant enregistrements, synthèse et traitements. Un bon sound design se remarque rarement, il se ressent.
Qu’est-ce qu’un bruiteur ?
Un bruiteur, ou foley artist, recrée en studio les bruits du quotidien calés sur l’image ou sur le récit : pas, portes, vêtements, objets manipulés. Il ne cherche pas l’exactitude du son réel, mais la crédibilité à l’écoute.
Quelle différence entre un compositeur et un superviseur musical ?
Le compositeur crée une musique originale. Le superviseur musical sélectionne une musique existante et sécurise les droits d’utilisation pour le support, le territoire et la durée prévus. La composition vous appartient ; la licence reste encadrée par son périmètre.
Le montage son et le mixage, c’est pareil ?
Non. Le monteur son décide de ce qu’on entend et à quel moment : sélection des prises, découpage, rythme. Le mixeur décide de comment on l’entend : niveaux, égalisation, spatialisation. Un bon montage mal mixé reste inaudible.
Faut-il un directeur artistique pour enregistrer une voix off ?
Ce n’est pas obligatoire, mais cela change beaucoup le résultat. Un même texte lu par le même comédien donne des interprétations très différentes selon la direction. Sur un projet où le ton compte, c’est un investissement rentable.
Combien de personnes faut-il pour produire un spot radio ?
Généralement entre trois et six, avec des cumuls de rôles fréquents : direction artistique, prise de son, comédien, montage, mixage. Le format court ne veut pas dire moins d’étapes, seulement moins de temps sur chacune.
Quelles études faire pour travailler dans le son ?
Plusieurs voies coexistent : écoles spécialisées (INA, ENS Louis-Lumière, ESRA, SAE), BTS et licences professionnelles en audiovisuel, conservatoires pour les profils musicaux. Une part importante des professionnels se forme aussi sur le terrain, notamment en sound design.